Marie-Cécile
Bouju : Europe & ses éditeurs 1923-1949
Si les chercheurs s'intéressent de
plus en plus à l'histoire des revues, il est rare de trouver des études
plus ou moins approfondies sur le lien existant entre une revue et son
éditeur. S'intéresser à ce lien revient à étudier deux points de vue,
qui se résumeraient, a priori, au souci d'une rentabilité économique
et à la défense d'une position esthétique ou politique dans le champ
intellectuel. La revue est un des principaux symboles et vecteurs de
la vie et de l'histoire intellectuelle française depuis l'affaire Dreyfus.
Elle unit un groupe d'individus sur la défense ou la promotion d'un
modèle esthétique et / ou politique commun. La création de la revue
Europe 1 en 1923 connaît ce même processus de ralliement et de communion
intellectuels, qui fait la force d'une revue en même temps que sa faiblesse.
Une maison d'édition est avant toute chose une structure commerciale,
qui se définit par rapport à ses concurrents par une spécialisation
éditoriale (édition scolaire, scientifique, populaire, littéraire),
donc par son catalogue. Depuis la fin du XIXe siècle, l'édition trouve
dans les revues un vivier littéraire qui permet d'alimenter son fonds
et un moyen de présenter, de " lancer ", de nouveaux auteurs. De cette
" opposition-collaboration ", Europe a connu tous les errements. Mais,
à partir de 1946, son originalité réside surtout par son alliance avec
une maison d'édition qui appartient au Parti communiste français. Dès
lors, l'opposition supposée entre indépendance intellectuelle et dépendance
matérielle change radicalement de sens. Naissance d'une revue, recherche
d'un éditeur Le soutien d'un éditeur est le moyen le plus sûr de garantir
à une revue une certaine longévité. De fait, les fondateurs d'Europe
ont cherché un éditeur, non par prudence excessive, mais pour garantir
à leurs idées un réel écho. Ce choix fut parfaitement assumé, du moins
dans un premier temps. Romain Rolland est emblématique de la contradiction
entre l'engagement intellectuel et ses contraintes éditoriales. Symbole
du pacifisme français et de l'indépendance de l'esprit, figure intellectuelle
et littéraire majeure de son temps, il fut à l'origine de la fondation
d'Europe. Appelant de ses vœux la création d'une revue pacifiste et
internationaliste dès 1919, il rallia à son projet un groupe d'écrivains,
dont Jean-Richard Bloch, Georges Duhamel, René Arcos, Léon Bazalgette.
En 1922, ce projet prit forme grâce à l'énergie de Paul Colin 2, qui
entreprit de trouver les fonds nécessaires à cette création.
Si Romain Rolland le soutint, c'est-à-dire
octroya à la revue à naître son patronage intellectuel, son attitude
fut cependant contradictoire. Ainsi, il semble alors admettre qu'on
ne peut créer une revue sans l'aide d'un éditeur ce qui la condamnerait,
sans cela, à être éphémère. C'est ce que rapporte Albert Crémieux, codirecteur
des éditions Rieder : " [...] il avait été souvent question [...] de
la création d'une grande revue ouverte à tous les esprits libres et
soucieuse de renouer, sur un monde meurtri, les liens internationaux.
Je m'en étais plusieurs fois entretenu avec R[omain] Roll[and] lors
de ses courts voyages à Paris [...]. Il insistait sur l'urgence d'un
tel organe et sur le rôle qu'il devait jouer dans la lutte pour l'indépendance
de l'esprit. Mais il ne dissimulait pas les périls : le lancement d'une
revue libérale et désintéressée comporte toujours une grande part d'aléas
; elle exige de lourdes dépenses, une persévérance financière. 3 " Mais
Romain Rolland se réfère aussi constamment à Charles Péguy et aux Cahiers
de la Quinzaine4 : Europe doit devenir ce que furent les Cahiers, par
le prestige et surtout la probité intellectuelle. Romain Rolland, qui
avait collaboré aux Cahiers de la Quinzaine, ne fait pas seulement allusion
au contenu de la revue. Charles Péguy avait constitué sa revue en coopérative
de production, et refusé tout apport financier par la publicité. La
fragilité économique de la revue était grande mais cela garantissait
une indépendance totale. Et c'est cette indépendance que Romain Rolland
défend tout d'abord, l'alliant probablement à cette indépendance de
l'esprit qu'il projette pour la future revue Europe. Romain Rolland
n'eut pas un rôle direct dans la création de la revue Europe dans le
sens où ce ne fut pas lui qui mena les négociations avec les éditeurs.
Néanmoins, en donnant à Europe son patronage intellectuel, il joua un
rôle essentiel, notamment en sommant Europe d'être à la hauteur de son
projet intellectuel. À partir d'avril 1922, Paul Colin et René Arcos,
encouragés par ce soutien prestigieux, partent à la recherche d'un éditeur.
René Arcos affirmera plus tard qu'ils eurent le plus grand mal à trouver
une maison d'édition. En réalité, le choix s'imposait de lui-même. Dans
le groupe des intellectuels acquis à ce projet, certains avaient à des
titres divers des relations avec une maison d'édition, les éditions
Frédéric Rieder et Cie. Cette maison était née du rachat par Frédéric
Rieder des éditions Edouard Cornély et Cie en 1913. Un de ses nouveaux
responsables, Albert Crémieux, était un ami de Jean-Richard Bloch et
avait permis la publication de la revue L'Effort libre par Rieder de
1913 à 1914 5. Par ailleurs, il avait fait embaucher Jean-Richard Bloch
et Léon Bazalgette comme directeurs de collection. Enfin, les éditions
Rieder publiaient René Arcos et Paul Colin. Outre l'existence d'un réseau
rollandiste au sein de la maison d'édition, il faut souligner sa ligne
éditoriale singulière. Albert Crémieux avait la ferme intention de faire
de cette maison un foyer intellectuel pour la gauche française, et en
particulier pour le pacifisme et l'ouverture sur la vie intellectuelle
européenne. Et c'est donc tout naturellement que dès avril 1922, Paul
Colin et René Arcos se tournèrent vers les éditions Rieder. Malgré cette
connivence intellectuelle renforcée par des liens personnels, les négociations
furent difficiles. La conjoncture de l'édition française dans l'immédiate
après-guerre n'est pas vraiment favorable. De surcroît les éditions
Rieder sont encore une jeune maison, donc fragile. La première démarche
de Paul Colin et de René Arcos est de proposer à Albert Crémieux l'accord
suivant : la maison d'édition ferait bénéficier à la future revue de
ses structures techniques et commerciales, mais le capital de la revue
proviendrait de soutiens extérieurs que Paul Colin s'engage à trouver.
Albert Crémieux, qui approuve pleinement le projet intellectuel, reste
dubitatif. Certes le prestige d'une revue patronnée par Romain Rolland
peut rejaillir sur la maison, mais le procédé comporte certains risques.
D'une part, si la revue était un échec commercial, les éditions Rieder
en pâtiraient. D'autre part, le mode de financement implique qu'elles
n'auraient aucun droit de regard sur la ligne éditoriale. Le fait que
Paul Colin ne parvienne pas à trouver les fonds nécessaires à l'entreprise
met un terme aux inquiétudes d'Albert Crémieux. Mais sa décision d'éditer
la revue est lourde de conséquences : Europe sera la propriété des éditions
Rieder. Albert Crémieux a le sens de la diplomatie nécessaire pour ne
pas faire de ce mariage une contrainte trop lourde. Mais il prend des
risques calculés : un comité de rédaction est mis en place, chargé de
contrôler la ligne de la revue. Il est composé de six membres, trois
désignés par Paul Colin et René Arcos (Georges Duhamel, Charles Vildrac,
Luc Durtain), et trois autres par la maison d'édition (Albert Crémieux
et ses deux directeurs de collection Léon Bazalgette et Jean-Richard
Bloch). Ces tractations n'avaient en fait rien que de très banal. Le
soutien financier d'une maison d'édition n'était pas chose négligeable
et assurait à la future revue une relative sécurité matérielle. Mais
surtout, le fait que les éditions Rieder fussent une maison d'édition
de gauche et pacifiste était la garantie d'une relation cordiale, voire
harmonieuse, entre la maison d'édition et la revue. Mais c'était sans
compter avec Romain Rolland et ses exigences. Rieder et Europe : histoire
d'une rencontre manquée La rupture entre une revue et son éditeur serait
d'abord de nature financière. Ce fut en effet la thèse traditionnellement
retenue pour ce qui est d'Europe, inspirée par le témoignage de Pierre
Abraham 6. En réalité, c'est rarement la seule cause de rupture. Le
cas d'Europe montre en effet toutes les ambiguïtés de cette union à
la fois économique et intellectuelle. Pour Albert Crémieux, la naissance
des éditions Rieder en 1913 est l'occasion de réaliser ses ambitions.
Il admire depuis longtemps et profondément le talent littéraire de Jean-Richard
Bloch et son engagement. Son attirance pour le modèle nouveau de l'intellectuel
dreyfusard a largement concurrencé sa carrière universitaire alors en
bonne voie. Faire de Rieder un véritable foyer intellectuel, créer un
" milieu " par l'agrégation à l'entreprise d'un ou de plusieurs réseaux
intellectuels, tel est son objectif. Le destin ou ses compétences n'ayant
fait de lui ni un écrivain, ni un homme politique, sa participation
à la vie intellectuelle et politique française se fera par sa fonction
d'éditeur. Les éditions Rieder deviennent ainsi l'œuvre de sa vie. Lorsqu'il
décide avec ses collaborateurs d'accueillir Europe, il prend sans aucun
doute un risque commercial notable. Ce sont bien ses ambitions intellectuelles
pour sa maison d'édition qui l'ont poussé à prendre pareille décision.
Europe a vécu une suite de crises de 1923 à 1927. Lors de la première
crise, de 1923 à 1925, Albert Crémieux tente de calmer les esprits,
mais ne peut apaiser les conflits de personnes qui conduisent au renvoi
de Paul Colin. Albert Crémieux, en effet, choisit de respecter le contrat
moral qui lie la revue à Rieder : c'est au comité de rédaction de prendre
les décisions. Cependant, Albert Crémieux ne peut s'empêcher de rappeler
que la maison d'édition en est également le bailleur de fonds. Les conflits
de personnes conduisent à s'aliéner des écrivains qui pourraient amener
à la revue des lecteurs, et donc des abonnements... Crise au terme de
laquelle Albert Crémieux devient directeur de la revue en janvier 1924.
Nul doute que ce poste est flatteur, mais sa nomination intervient aussi
faute de candidats. Jean-Richard Bloch, pourtant ardemment encouragé
par Romain Rolland, refuse cette responsabilité : sa carrière littéraire
était prioritaire. Désormais, Europe est totalement liée à son éditeur.
Pour Romain Rolland, attaché au modèle des Cahiers de la Quinzaine,
c'est inacceptable : " Maintenant Europe est la revue Crémieux. Cela
n'est plus intéressant. 7 " En réalité, il s'agit d'un procès d'intention
quant à la manière d'Albert Crémieux de diriger la revue, puisqu'il
se décharge de cette tâche sur ses principaux collaborateurs. Mais,
pour Romain Rolland, les encarts publicitaires imposés par Rieder sont
les signes d'une compromission intolérable. Face au chantage de Romain
Rolland (plus aucun texte de lui ne sera publié dans la revue), Albert
Crémieux tient bon : il pense alors qu'il a toutes les cartes en main
face à ce qu'il appelle " le rigorisme dangereux de Romain Rolland 8
". Éditeur, directeur de la revue, il a à ses côtés Léon Bazalgette
et Jean-Richard Bloch, directeurs de collection. En janvier 1927, il
resserre davantage le lien unissant la revue à Rieder en faisant nommer
son directeur littéraire, Jacques Robertfrance 9, secrétaire de rédaction.
L'opposition entre Albert Crémieux et Romain Rolland atteint son paroxysme
en 1927, lors de l'affaire de la " Chronique des idées 10 ". Un miracle
cependant se produit. Le jeune Jacques Robertfrance, dont la nomination
aurait pu s'avérer fâcheuse, réussit à ramener Romain Rolland à de meilleures
dispositions, ce qui est un véritable tour de force. Aux critiques de
Romain Rolland contre ce mariage entre Rieder et la revue, Jacques Robertfrance
répond : " Reconnaissons pourtant qu'elle [la maison d'édition] est,
à l'heure actuelle, la seule maison d'édition française qui ait une
ligne de conduite déterminée et qui, malgré tous les dangers "pécuniaires"
dont cette conduite peut être l'occasion, s'y tienne énergiquement.
11 " Le mariage a donc tenu bon, malgré Romain Rolland. Mais au moment
où Europe devient une des figures de proue de la vie intellectuelle
française, les éditions Rieder sont un foyer de moins en moins fiable.
Appelé à remplacer René Arcos comme rédacteur en chef, Jean Guéhenno
doute encore de sa réponse. Mais pour ce qui est de son futur employeur,
les éditions Rieder, son opinion est déjà faite, comme il l'écrit à
Romain Rolland le 19 novembre 1928 : " De tout côté on me parle de cette
maison d'éditions comme d'une forêt de Bondy. 12 " En effet, la crise
économique a ébranlé la maison d'édition. En dépit d'un succès commercial
véritable, ses moyens financiers sont insuffisants pour assurer une
croissance solide et plus encore pour surmonter la fragilité du marché.
Albert Crémieux laisse alors totalement Europe à Jacques Robertfrance
pour consacrer toute son énergie à sa maison d'édition. La seule manière
de la préserver est d'augmenter son capital, mais c'est prendre le risque
de la voir changer de propriétaire. Depuis 1928, les éditions Rieder
sont une société anonyme, qui appartient à un groupe détenant les éditions
Alcan, les P.U.F. et Leroux 13. Par un accord, Albert Crémieux réussit
à rester à la tête de Rieder, mais il n'est plus le maître à bord. En
1928, Léon Bazalgette meurt et Jean-Richard Bloch décide d'abandonner
ses fonctions de directeur de collection. Albert Crémieux réussit péniblement
à convaincre Jean Guéhenno de s'occuper des " Prosateurs français contemporains
" à la suite de Jean-Richard Bloch. Mais en 1929, Jean Guéhenno abandonne
cette fonction. Désormais, le seul lien entre la revue et la maison
d'édition s'incarne dans la personne de Jacques Robertfrance. Bien qu'il
désapprouve la manière dont le directeur de Rieder gère les difficultés,
Jacques Robertfrance porte le même dessein : la prospérité commerciale
et intellectuelle des éditions Rieder passe par une collaboration étroite
avec sa revue. Ainsi, il crée en 1930 la collection " Europe ". Or,
bientôt, une situation paradoxale s'installe. Jamais Europe n'a connu
un tel prestige et n'a été aussi rentable commercialement parlant. Mais
la maison d'édition est désormais incapable d'assurer à la revue les
moyens matériels d'un bon fonctionnement. Albert Crémieux, couvert de
dettes qu'il ne peut honorer, est obligé de céder ses parts au groupe
des P.U.F. en septembre 1932. Jean Guéhenno, seul à la tête d'Europe,
est totalement indifférent à ce changement de propriétaire. Il est sans
doute encouragé dans cette position par Jacques Robertfrance qui pense
que désormais tout ira pour le mieux, pour les éditions comme pour la
revue. Jacques Robertfrance, qui a été nommé directeur des éditions
Rieder, décède un mois plus tard d'une crise cardiaque, à 35 ans. Mobilisé
tout entier par la montée du mouvement antifasciste et par le débat
sur le pacifisme, Jean Guéhenno réussit à faire de la revue une tribune
majeure de l'époque tout en lui gardant son pluralisme à une période
où les engagements sont de plus en plus tranchés. Cette rigueur intellectuelle
incontestable s'accompagne d'une totale indifférence à l'égard de Rieder.
Tout cela n'est que du commerce semble penser Jean Guéhenno. On refuse
d'augmenter son budget, on lui refuse un poste de secrétaire qui l'aiderait
considérablement... Surchargé de travail, il se résigne. D'ailleurs,
comme s'il s'agissait d'une compensation, la maison d'édition, à savoir
Pierre Marcel 14, le laisse totalement libre de ses choix. Jusqu'en
1935. Le 10 janvier 1936, Jean Guéhenno écrit à Romain Rolland : " Voilà,
c'est maintenant chose faite. Le numéro de février est le dernier que
je composerai. Les administrateurs de Rieder ont maintenu toutes leurs
exigences (réduction à 5 000 F par mois de tous les frais _ composition
de 3 numéros spéciaux chaque année). J'étais devant l'impossible, et
je suis excédé par les difficultés et les discussions depuis six mois.15
" Bien que l'on ne connaisse pas précisément les motivations des éditeurs,
on peut néanmoins les deviner. Le groupe auquel appartient Rieder depuis
1928 a connu maintes difficultés. La crise économique faisant toujours
rage dans l'édition, le souci de rentabilité est plus que jamais à l'ordre
du jour. De fait, bien qu'on ne puisse reprocher à Europe de faire perdre
de l'argent aux éditions Rieder, la revue est sommée de participer aux
efforts nécessaires. Certains collaborateurs de la revue, dont Jean-Richard
Bloch et Romain Rolland, croiront y voir des intentions politiques :
rien ne le prouve. Pour Pierre Marcel, la ligne à suivre est plus opportuniste
: Europe doit coller à son époque, c'est-à-dire au marché... Jean Guéhenno
résume fort bien la situation : " Je crois aussi que ce qu'ils veulent,
c'est tirer financièrement parti du mouvement "front populaire". Ils
se disent que la politique de gauche, pour le moment, peut payer. 16
" Désormais, le seul lien qui unit Europe à son éditeur n'est qu'affaire
de commerce. Dans un second temps, le départ de Jean Guéhenno devient
également politique, opposant les tenants de l'antifascisme compagnon
de route du P.C.F. et ceux attachés à l'indépendance politique de la
revue et au pacifisme. Cette crise éditoriale et politique se termine
en mai 1936 : Europe sera désormais aux mains des compagnons de route.
Mais le contentieux avec l'éditeur est lourd de conséquences. Face à
la mobilisation des principaux collaborateurs de la revue, Pierre Marcel
choisit de ne pas prendre le risque de se défaire d'une revue aussi
prestigieuse. S'ils laissent la nouvelle équipe libre de ses choix éditoriaux,
les éditeurs imposent une condition qui est censée les préserver commercialement
parlant : si la revue passe en dessous de 2 600 abonnements (considéré
comme son seuil de rentabilité), c'est au nouveau comité de rédaction
de combler les pertes. Cette condition ne choque personne dans le groupe
des collaborateurs, tant l'engagement intellectuel du moment paraît
prioritaire. Plus que jamais Europe et les éditions Rieder fonctionnent
comme deux entreprises (commerciales, littéraires et intellectuelles)
distinctes. L'engagement radical de la revue aux côtés des prises de
positions du P.C.F. désarçonne ses lecteurs. Son pluralisme politique
et intellectuel est de plus en plus réduit. Les abonnements chutent,
et avec eux les recettes publicitaires. En 1938, le comité de rédaction
tente en vain de renflouer les caisses de la revue. En décembre, les
éditeurs choisissent, comme le contrat de mai 1936 les y autorise, de
cesser de la publier. Mais Louis Aragon, qui a un rôle majeur dans Europe
depuis le départ de Jean Guéhenno, avait racheté à Rieder le titre de
la revue pour 20 000 F 17. Désormais, légalement, Europe appartient
à Aragon. Aragon négocie alors avec Robert Denoël pour que l'éditeur
prenne le relais. Denoël, éditeur d'Aragon depuis sa rupture avec Gallimard,
est un des éditeurs les plus prolifiques de la période. Mais la maison
d'édition n'accepte pas la proposition d'Aragon par philanthropie. Elle
accueille des auteurs d'extrême-gauche comme d'extrême-droite. Europe
n'est apparemment qu'un moyen de ratisser un large lectorat. Le passage
de Rieder à Denoël n'a pas été, semble-t-il, très bien préparé, puisque
six mois plus tard René Arcos et Jean-Richard Bloch se plaignent auprès
d'Aragon de l'indifférence financière de l'éditeur, au point qu'ils
voient mal comment la revue pourrait continuer à paraître... Mais c'est
l'accord germano-soviétique d'août 1939 qui précipite la disparition
de la revue. La très grande majorité des collaborateurs d'Europe, et
en premier lieu Romain Rolland, choisissent de la saborder. On ne connaît
pas la position de la maison d'édition : il est cependant très probable
qu'elle n'empêcha pas sa disparition. Autres temps, autre politique
éditoriale... Nous voyons mal comment Denoël aurait soutenu une revue
proche des communistes, alors que le gouvernement français s'orientait
vers une politique anticommuniste. Pendant l'entre-deux-guerres, Europe
ne connut donc que cinq années de collaboration véritable et réussie
avec son éditeur. La politique d'Albert Crémieux, reprise par Jacques
Robertfrance, rencontra des oppositions d'autant plus vives qu'elles
tenaient à des conflits de personnes et surtout à des préjugés tenaces
à l'égard du " marchand " qu'est un éditeur, même s'il était acquis
aux idées défendues dans Europe. Après la guerre, ce souci d'indépendance
économico-éditoriale ne se posa plus dans les mêmes termes : l'engagement
aux côtés du Parti communiste français subordonna plus que jamais l'indépendance
de la revue à la solidarité politique. De la Bibliothèque française
aux E.F.R. Europe reparaît en janvier 1946 dans un contexte radicalement
différent de celui qui avait justifié sa naissance au début des années
vingt. En 1946, le nouveau " mentor " d'Europe est Aragon, qui avait
pris une place de plus en plus grande dans la revue depuis 1936. Peut-on
alors affirmer qu'il s'agit d'une autre revue ? Certes, l'ouverture
de la revue sur la vie politique, intellectuelle et littéraire étrangère
reste la ligne de force de sa politique éditoriale. Mais qu'en est-il
désormais de " l'indépendance de l'esprit " prônée et défendue par la
revue depuis 1923 ? Lorsqu'Europe reparaît, elle est éditée par la Bibliothèque
française, maison d'édition d'Aragon. Maison d'édition clandestine,
elle fut fondée en octobre 1943 en zone sud 18. Il est fort probable
qu'elle dût son existence à la volonté du P.C.F. de concurrencer les
éditions de Minuit. À la Libération, Aragon orienta la Bibliothèque
française vers des publications littérairement exigeantes. Ce choix
s'explique en partie par la position très ambiguë d'Aragon dans le champ
politico-littéraire à cette époque. À la fois " fêté " et " pestiféré
", l'écrivain communiste n'a pas réellement de position privilégiée
au sein du Parti communiste. De surcroît, la direction du Parti ne lui
a confié aucune structure éditoriale, presse ou revue. Aux Lettres françaises,
c'est Claude Morgan, à Ce Soir, c'est Jean-Richard Bloch. De fait, la
Bibliothèque française semble être pour lui une solution de repli. Dans
la foulée de sa campagne pour l'inhumation de Romain Rolland au Panthéon,
le 12 janvier 1945 il annonce à Jean Cassou, alors commissaire de la
République à Toulouse, son intention de faire reparaître la revue et
qu'il compte sur lui pour en assurer la direction. Trois jours plus
tard, il écrit à Jean-Richard Bloch : " [...] Europe a la voie libre,
j'ai fait décider par nos amis pour cela de ne pas reprendre Commune,
et il n'y a plus de N.R.F. 19 " Reste à trouver l'éditeur, ce qui est
chose facile. Depuis l'automne 1944, Robert Denoël, accusé de collaboration,
s'est vu retirer sa maison d'édition qui a été confiée à un administrateur
provisoire par la commission consultative d'épuration. Par ailleurs,
Aragon est propriétaire du titre de la revue depuis la fin des années
trente. " J'ai l'accord de la Bibliothèque française, écrit Aragon à
Jean Cassou le 24 juin, pour reprendre la revue à Denoël hors jeu [...]
Je n'ai pas tenté de réunir la Société des Amis 20. Elle, c'est-à-dire
ses membres n'ont pas demandé à le faire, et tant qu'on ne peut les
mettre devant une réalité, les réunir c'est leur donner l'occasion de
mettre des bâtons dans les roues, de dire qu'il ne faut pas faire ceci
ou cela etc. Dès que vous êtes là 21, nous préparons les conditions
réelles de la vie de la revue, et alors vous convoquerez les gens pour
des propositions concrètes. 22 " Prévue initialement pour le mois d'octobre
1945, la revue reparaît en janvier de l'année suivante. Le comité de
rédaction est composé de Jean-Richard Bloch, Pierre Abraham, Louis Aragon,
René Arcos, Claude Aveline, André Chamson, Paul Éluard, Georges Friedmann,
Louis Martin-Chauffier, René Maublanc, Vercors, et en tant que directeur
Jean Cassou. Depuis 1936, la fidélité envers le Parti communiste était
déjà une réalité, avec le soutien de collaborateurs non communistes,
majoritaires dans le comité. Il en est de même pour Europe en 1946.
L'ambiguïté de cette période de pré-guerre froide, où la solidarité
politique et intellectuelle de la résistance est toujours à l'ordre
du jour, se retrouve ainsi dans Europe. Si la référence de la revue
à ce qu'elle fut dans le passé demeure, du côté de la Bibliothèque française
c'est à un passé plus proche que l'on fait référence : celui de la Résistance.
C'est d'ailleurs ce qui la fragilise. Pour des raisons à la fois commerciales
et politiques, la maison d'édition d'Aragon rencontre de plus en plus
de difficultés. Après l'euphorie de la Libération, l'édition française
subit un véritable marasme économique et les publications sur la Résistance
connaissent rapidement la désaffection du public. D'autre part, Aragon
ne peut compter sur le soutien du Parti communiste pour diffuser la
production de la Bibliothèque française. Cet ostracisme (relatif) s'explique
à la fois par la position fragile d'Aragon auprès de la direction du
P.C.F. et par le fait que le Parti lui préfère une autre maison d'édition,
les éditions Hier et Aujourd'hui, qui s'inscrit dans une tout autre
tradition : cette maison se consacre surtout à faire (re)paraître la
littérature soviétique des années trente. Le seul soutien institutionnel
sur lequel Aragon peut compter est celui du Comité national des écrivains,
mais il est plus moral que matériel 23. Europe aurait pu aider la Bibliothèque
française à consolider sa position dans l'édition française. C'est sans
doute une des raisons qui poussa Aragon à faire reparaître la revue.
En 1946, il crée la collection " Europe ", destinée à renforcer cette
association : le premier titre est une réédition d'un des grands romans
de Jean-Richard Bloch, La Nuit kurde. Mais il n'est suivi que par trois
autres ouvrages. La collection s'arrête un an plus tard. Malgré le peu
d'éléments dont nous disposons à la fois sur la revue et la Bibliothèque
française à cette époque, il est néanmoins certain qu'Aragon échoua
dans ses ambitions. La seule réussite de la maison d'édition est Europe,
mais sans avoir sur elle aucun effet d'entraînement. Ainsi, l'entrée
dans la guerre froide fut à la fois le constat de l'échec des idées
d'Aragon à la Libération et un tremplin pour l'intellectuel de parti.
En 1947, Aragon a choisi de réorienter la production de la Bibliothèque
française vers des textes idéologiquement et esthétiquement plus proches
des attentes du Parti communiste. En 1946, la maison d'édition publiait
une quinzaine de titres. Un an plus tard, sa production a doublé. Qualitativement,
cette production est marquée désormais par des auteurs soviétiques,
des romanciers communistes réalistes, et des manuels techniques. Plus
rien ne la distingue des autres maisons d'édition du P.C.F. comme le
montre la parution en 1948 de L'Internationale des traîtres de Renaud
de Jouvenel. Reste la revue Europe, et son équipe de collaborateurs,
à majorité non communiste. Portée par sa tradition de l'engagement,
la revue s'aligne de plus en plus sur les mots d'ordre et les combats
du P.C.F. Nul doute qu'Aragon mène le mouvement. La parution du numéro
" Lyssenko " en octobre 1948 est une des conséquences de la surenchère
idéologique et propagandiste qu'Aragon a choisi d'assumer. Depuis septembre
1948, la direction du Parti communiste avait sommé en vain Marcel Prenant
de défendre la théorie des deux sciences. De même, La Pensée, revue
communiste, publiée par une de ses maisons d'édition, les Éditions sociales,
avait fait la sourde oreille aux appels de la direction 24. Restait
Europe. Pressée par le temps, la direction du Parti demande à Aragon
de se charger de cette mission. C'est ainsi qu'une revue littéraire
publia in extenso les minutes de la session de l'Académie des sciences
agronomiques d'U.R.S.S., présentant la théorie de Lyssenko. L'entrée
dans la guerre froide a également pour effet de pousser le Parti communiste
à regrouper ses maisons d'édition, nées sous l'occupation et à la Libération.
Si la production théorique du communisme français et international est
à la charge depuis 1945 des Éditions sociales, la littérature de fiction
et d'essais est produite par trois structures : les éditions France
d'abord, les éditions Hier et Aujourd'hui et la Bibliothèque française.
Le Parti choisit de donner un rôle centralisateur aux éditions Hier
et Aujourd'hui, dirigées alors par Marcelle Hilsum, qui absorbent les
deux autres maisons d'édition. En mars 1949, la Bibliothèque française
disparaît 25, et Europe est désormais publiée par les Éditeurs français
réunis (E.F.R.), résultat de la fusion de ces trois établissements.
Néanmoins, la revue demeure d'abord et avant tout la revue d'Aragon,
devenu directeur littéraire des E.F.R. De fait, Europe est moins soumise
aux desiderata de la direction du Parti qu'aux interprétations qu'en
fait Aragon. En mars 1949, communistes et non communistes siègent toujours
dans le comité de rédaction. Mais cette cohabitation est de moins en
moins tenable. Le 5 mai 1949, Jean Cassou annonce, sans donner de véritables
explications, qu'il abandonne la direction de la revue, mais qu'il reste
membre du comité. Pierre Abraham lui succède 26. L'orientation de plus
en plus partisane de la revue (et notamment les effets de la crise yougoslave)
provoque un véritable malaise dans le comité de rédaction. Le 7 juillet
1949, lors de la séance du comité, Georges Friedmann prend la parole
pour déclarer " tant en son nom, qu'au nom de MM. Jean Cassou, André
Chamson, Martin-Chauffier, Vercors, et même René Arcos qui est présent,
qu'ils ne collaboreront qu'autant que la teneur de la revue leur permettra
de collaborer. Il pose la question d'un dialogue à instaurer dans la
revue ". Mais Aragon impose son veto : " M. Aragon est d'avis, au contraire
qu'il faut garder toujours à l'esprit tout ce par quoi la position du
comité d'Europe se distingue de la position adverse, et qu'à l'intérieur
du comité, il importe de mettre l'accent sur ce qui unit plutôt que
sur ce qui divise. 27 " Un an plus tard, Jean Cassou, René Arcos, Georges
Friedmann, Louis Martin-Chauffier et Vercors donnent leur démission
du comité. Ils invoquent alors la " position politique " de la revue
" inconciliable avec [leur] irréductible goût de l'indépendance de l'esprit
qui fut l'essentielle préoccupation de ses fondateurs et le souci majeur,
jusqu'à ses derniers jours, de Romain Rolland 28 ". Invoquer l'indépendance
de l'esprit en pleine Guerre froide parait bien dérisoire. Publiée par
la maison d'édition littéraire du P.C.F., Europe n'est plus véritablement
et directement soumise à des impératifs commerciaux. Mais le prix à
payer est le risque d'être réduite à une fonction propagandiste. Si
Aragon eut un rôle majeur dans cette évolution politico-éditoriale,
elle est aussi et surtout la conséquence de l'engagement intellectuel
allié à la solidarité politique apparue au milieu des années trente.
L'évolution d'une revue s'explique en effet moins par la dépendance
économique envers une maison d'édition que par la cohésion ou la division
de ses animateurs et les choix intellectuels qui en découlent. Néanmoins,
l'exemple d'Europe montre le rôle essentiel de l'éditeur dans la vie
d'une revue, c'est-à-dire lui permettre de durer. Défendre l'indépendance
éditoriale contre la dépendance matérielle a créé de 1923 à 1932 une
opposition fictive d'intérêts puisque l'éditeur approuvait les choix
intellectuels de la revue. Cette stratégie explique en partie l'extrême
fragilité de la revue à la fin des années trente. En confinant l'éditeur
au seul rôle de bailleur de fonds, Europe fut bien plus soumise encore
à la conjoncture économique. Ses choix intellectuels ne pouvaient dès
lors avoir pour Rieder à partir de 1932 puis pour Denoël qu'une valeur
marchande. Au nom de leur engagement dans le siècle, ses animateurs
choisirent en 1945 de s'abriter dans les structures éditoriales du P.C.F.,
loin du marché. Or cette indépendance relative à l'égard des lois traditionnelles
de l'édition créa une dépendance politique. Mais cette soumission au
politique n'a pas annihilé toutes les marges de manœuvres de la revue.
C'est à partir de la fin des années quarante qu'Europe adopta une forme
éditoriale originale qui la protégea sans doute des choix les plus partisans
: la transformation progressive de ses numéros en numéros spéciaux thématiques
lui permit probablement de préserver sa place dans le champ littéraire.
Marie-Cécile
BOUJU
Notes
1. Sur l'histoire
de la revue Europe, nous renvoyons le lecteur aux travaux suivants :
Marie-Cécile Bouju, " Histoire de la revue Europe, 1923-1939 ", maîtrise
d'histoire sous la direction de Jean-Yves Mollier, Paris-X-Nanterre,
1993 ; Nicole Racine, " La revue Europe (1923-1939). Du pacifisme rollandien
à l'antifascisme compagnon de route ", Matériaux pour l'histoire de
notre temps, n° 30, janvier-mars, 1993, p. 21-26 ; Nicole Racine, "Europe",
Dictionnaire des intellectuels français, Paris, Le Seuil, 1996.
2. Sur le rôle de
Paul Colin dans la fondation d'Europe, voir l'article de Lionel Richard
: " Aux origines d'Europe ", Revue des revues, n° 16, 1993, p. 99-110.
3. " Albert Crémieux
et la naissance d'Europe ", Europe, n° 817, mai 1997, p. 163-177.
4. Il nous faut remercier
un auditeur anonyme d'un séminaire de l'Université Paris-XIII, qui nous
a soufflé cette idée.
5. Marie-Cécile Bouju,
" Albert Crémieux et les éditions Rieder, 1913-1932 ", Lendemains, n°
86 / 87, 1997, p. 99-109.
6. Pierre Abraham,
" Naissance d'une revue ", Europe, n° 533-534, septembre-octobre 1973,
p. 5-13.
7. Pierre Abraham,
" Naissance d'une revue ", Europe, n° 533-534, septembre-octobre 1973,
p. 5-13.
8. Lettre d'Albert
Crémieux à Jean-Richard Bloch du 21 août 1925, fonds Jean-Richard Bloch,
N.A.F., Bibliothèque nationale de France.
9. Nicole Racine,
" Jacques Robertfrance, homme de revue et homme d'édition ", Cahiers
de l'IHTP, n° 20, 1992, p.142-159.
10. " Albert Crémieux
et la naissance d'Europe ", Europe, n° 817, mai 1997, p. 163-177.
11. Lettre de Jacques
Robertfrance à Romain Rolland, 20 novembre 1927, fonds Romain Rolland,
N.A.F., Bibliothèque nationale de France.
12. L'Indépendance
de l'Esprit. Correspondance entre Jean Guéhenno et Romain Rolland, 1919-1944,
Cahiers Romain Rolland, n° 23, Paris, Albin Michel, 1975, p. 34.
13. Valérie Tesnière,
" L'histoire aux édition Alcan (1874-1939) ", Vingtième Siècle _ revue
d'histoire, n° 28, octobre-décembre 1990, p. 15-28.
14. Sur Pierre Marcel
(Lévi) et Paul Angoulvent, directeur des P.U.F., voir leurs notices
biographiques dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier
français, Paris, éditions de L'Atelier, CD-rom, 1997.
15. L'Indépendance
de l'Esprit. Correspondance entre Jean Guéhenno et Romain Rolland, 1919-1944,
Cahiers Romain Rolland, n° 23, Paris, Albin Michel, 1975, p. 363.
16. L'Indépendance
de l'Esprit. Correspondance entre Jean Guéhenno et Romain Rolland, 1919-1944,
Cahiers Romain Rolland, n° 23,Paris, Albin Michel, 1975, p. 367.
17. L'œuvre poétique,
tome VII, 1936-1937, Livre Club Diderot, Paris, 1977.
18. Anne Simonin,
Les Éditions de Minuit, 1942-1955. Le devoir d'insoumission, Paris,
IMEC, 1994, p. 117.
19. Fonds Jean-Richard
Bloch, N.A.F., Bibliothèque nationale de France.
20. Il s'agit de
la société des amis d'Europe, association fondée en 1936 lors du départ
de Jean Guéhenno pour négocier avec les éditions Rieder.
21. Jean Cassou
est à Toulouse à cette époque.
22. Fonds Jean Cassou,
N.A.F., Bibliothèque nationale de France.
23. Anne Simonin,
Les Éditions de Minuit, 1942-1955. Le devoir d'insoumission, Paris,
IMEC, 1994, p. 273.
24. Joël et Dan
Kotek, L'Affaire Lyssenko, Bruxelles, Editions Complexe, 1986, p.138-143.
25. La Bibliothèque
française continuera cependant à publier une dizaine de textes de 1949
à 1951. Ainsi, Les Communistes d'Aragon furent publiés par la Bibliothèque
française et non par les Éditeurs Français Réunis. Marie-Cécile Bouju,
" Les maisons d'édition du P.C.F. (1920-1950) ", DEA d'histoire, sous
la direction de Jean-Yves Mollier, université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines,
1994.
26. Procès-verbal
du comité de rédaction, archives de la revue Europe.
27. Procès-verbal
du comité de rédaction, archives de la revue Europe.
28. Lettre du 29
juin 1950, archives de la revue Europe.