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Jules Verne

Janv.-fév. 2005

 

Repères biographiques

1828
Naissance de Jules Verne à Nantes, le 8 février. Son père, Pierre Verne, est avoué. Sa mère, Sophie née Allotte de la Fuyë, descend d’une vieille famille écossaise. L’admiration de Verne pour Walter Scott, et des romans comme Les Indes noires ou Le Rayon vert, témoigneront assez de son attachement à ses racines maternelles. D’autre part, quoi qu’on puisse penser d’un très hypothétique « progressisme » de l’idéologie vernienne, il convient de ne jamais oublier que Verne est et restera, fondamentalement, un Breton, un royaliste, un catholique.

1829
Naissance de Paul, frère de Jules. En tant qu’aîné, Jules Verne verra sa vocation de capitaine au long cours contrarié par son père, qui veut un successeur à son étude. C’est donc le frère cadet qui sera marin, et l’on peut supposer que l’écriture des Voyages extraordinaires sera comme une compensation à cette frustration adolescente.

1833-1845
Études à l’Institution de Mme Sambin, puis au collège Saint-Stanislas, puis au petit séminaire, puis au collège royal : stricte éducation religieuse, pendant laquelle se forgera l’esprit de fantaisie et de dérision qui ne cessera par la suite de parcourir, souterrainement, l’œuvre de l’écrivain. En outre, une petite anecdote mérite d’être relevée : Mme Sambin est la veuve d’un capitaine disparu en mer et dont, depuis des années, elle espère le retour ; or quatre des romans futurs de Verne seront des récits de télémachie, à commencer par Les Enfants du capitaine Grant. Une autre anecdote relève, elle, de la pure fiction pseudo-biographique : si le jeune Jules a effectivement éprouvé un tendre sentiment pour sa cousine Caroline Tronson, jamais il n’a commis de fugue à bord d’un trois-mâts — la Coralie — en tentant de se faire engager comme mousse, et ce, pour rapporter à Caroline un collier de corail !

1847-1848
Pour se conformer aux volontés de son père, Jules part étudier le Droit à Paris. En son absence, la cousine Caroline se marie. Se marie aussi, le 19 juillet 1848, la jeune Herminie Arnault-Grossetière, à qui il avait écrit plus d’un poème passionné. Dans ce second cas, il y a eu réellement traumatisme affectif, dont témoigne la stupéfiante « lettre de la fiancée froide », adressée par le jeune homme à sa mère le 30 juillet. Et dans les Voyages à venir, un motif triangulaire deviendra récurrent, mettant en scène le jeune homme aimant, la jeune femme folle ou disparue ou supposée morte, et le monstrueux rival triomphant.

1849-1856
Tout en poursuivant ses études de Droit à Paris, Verne se détourne du « droit » chemin. La vocation littéraire s’impose, qu’il saura ensuite imposer à son père. Il fait la connaissance d’Alexandre Dumas fils, puis d’Alexandre Dumas père. Pendant plusieurs années, il se croit prédestiné à l’écriture théâtrale ; il écrit de nombreuses comédies en vers ou en prose, et aussi des livrets d’opérette. Certains de ces essais, comme La Mille et Deuxième Nuit, Monna Lisa ou Monsieur de Chimpanzé, anticipent étonnamment sur les grandes œuvres à venir. Verne est même un temps secrétaire du Théâtre lyrique. Mais parallèlement une autre vocation se développe. Le goût de Verne pour la vulgarisation scientifique, la fréquentation d’amis nantais polytechniciens, l’essor des progrès technologiques et des explorations géographiques de l’époque, la révélation d’une modernité venue des États-Unis par le biais des écrits novateurs d’Edgar Poe (la lecture du Mille-deuxième conte de Schéhérazade traduit en 1856 par Léon de Wailly sera, à notre avis, décisive), autant d’incitations à s’essayer à une nouvelle forme d’écriture romanesque. Dès 1851, il collabore à la très chrétienne revue Le Musée des Familles, dans laquelle paraîtront ses premiers récits d’importance : Les Premiers navires de la marine mexicaine et Un Voyage en ballon. En 1854, ce sera la version originale de Maître Zacharius. Alors qu’il demeure le dernier célibataire du cercle des « Onze sans femme » (sic) fondé en 1849 avec des amis, il fait connaissance, lors du mariage d’Auguste Lelarge, de la sœur de la mariée, Honorine. C’est le 17 mai 1856.

1857
Le 10 janvier, Jules Verne épouse Honorine de Viane, jeune veuve mère de deux filles. Mariage d’amour, mariage de convenance, mariage de résignation ? Si Verne, quoi qu’on en ait dit, n’a pas été un misogyne, ses romans seront très vite marqués par une réelle misogamie. En outre, on ne peut se défaire du sentiment que s’il épouse une femme déjà nantie de deux enfants, c’est parce qu’ainsi une bonne partie des obligations paternelles est déjà accomplie ! Mais il faut vivre, et Verne travaille à la Bourse comme commis de l’agent de change Eggly. Expérience professionnelle qui marquera, elle aussi, l’œuvre future.

1861
Le 3 août, naissance du seul et unique enfant de Jules Verne, Michel (1861-1925). Curieusement, le père est alors en croisière sur les côtes de la Nor¬vège, avec l’un de ses plus chers amis nantais, le compositeur Alfred Hignard.

1862
Verne qui se passionne pour la conquête des airs (il est l’ami de Félix Tournachon, alias Nadar, aéronaute et photographe, et il s’intéresse de près au projet d’hélicoptère de Ponton d’Amécourt et de G. de la Landelle, que ce dernier présentera en mars 1864 dans Le Musée des Familles), voit le manuscrit de son roman Un Voyage en l’air accepté par l’éditeur Pierre-Jules Hetzel.

1863
Ledit manuscrit paraît en librairie le 31 janvier, sous le titre Cinq semaines en ballon. C’est le début, pour le meilleur et pour le moins bon, d’une liaison éditoriale qui durera jusqu’à la mort de l’éditeur en 1886, se poursuivra ensuite avec le fils d’Hetzel jusqu’à la mort de Verne, et se continuera entre les deux fils, Louis-Jules et Michel Verne, après 1905, lorsqu’il s’agira de « faire un sort » aux manuscrits laissés par l’écrivain. Pour le meilleur et le moins bon : le meilleur, c’est que les noms de Hetzel et de Jules Verne resteront indéfectiblement liés, l’éditeur avisé et habile commerçant misant gros sur son jeune poulain et le hissant à la gloire — tandis que Verne sera cons¬cient d’avoir rencontré un infatigable Mentor. Pour le moins bon : qui, avec le recul du temps, aura le plus apporté à l’autre ? Un chercheur aussi attentif que le probe et méticuleux Charles-Noël Martin a bien mis en lumière à quel point les contrats d’édition, et en particulier le sixième, signé en 1875, se sont avérés scélérats et spoliateurs pour l’écrivain. De plus, Verne a plus d’une fois souffert des oukases et des censures de son zélé employeur. Il ne fait pas de doute que certains romans peuvent être perçus comme un écho crypté de ce qui ressem¬ble, dans les dernières années, à une véritable exaspération rampante. Le personnage du Docteur Antékirtt (avatar de Mathias Sandorf), en 1885, comme celui de Schultz, en 1879, dans Les Cinq cents millions de la Begum — nous pensons pour notre part que le nom de « Herr Schultze » n’est en fait qu’une déformation caricaturale, accent tudesque aidant, de « Pierre-Jules Hetzel » —, l’un et l’autre cassants, autoritaires, tyranniques, ont à l’évidence un modèle, qu’il ne faut pas chercher trop loin. Le modèle, c’est celui qui, en 1864, a refusé en termes blessants le manuscrit de Paris au XXe siècle et, de ce fait, a probablement contraint Verne à renoncer à toute tentation « anticipatrice » dans ses romans, qui, jamais plus, ne se situeront « dans le futur » ; à moins que Édom…
Il n’en reste pas moins que, de 1863 à 1905, la biographie de Jules Verne pourrait aisément, à quelques dates près, se confondre avec l’historique de son œuvre.

1864
Malgré la « mise au cabinet » de Paris au XXe siècle, cette année voit la parution de l’un des quelques chefs-d’œuvre absolus de Verne : Voyage au centre de la Terre.

1865-1867
Les Enfants du capitaine Grant paraissent en feuilleton dans le Magasin illustré d’éducation et de récréation.

1867
Avec son frère Paul, voyage et bref séjour aux États-Unis. En deux semaines il verra New York et les chutes du Niagara, déjà promues mythe littéraire depuis Chateaubriand ; Verne les évoquera dans trois de ses romans ultérieurs. L’aller et le retour se font à bord du plus grand steamer du monde à l’époque : le Great Eastern. Ce navire-titan servira en 1870 de décor à un étrange roman d’amour et de folie : Une Ville flottante. Sans qu’il soit possible de préciser sa date de rédaction, la nouvelle Le Humbug s’inscrit dans la continuité directe de ce voyage. C’est cette année 1867 qui voit l’avisé Hetzel lancer, avec les Voyages et aventures du capitaine Hatteras, splendidement illustrés par le très visionnaire Riou, la série des cartonnages poly¬chromes, de la vente desquels, en termes de droits d’auteurs, Verne sera quasiment exclu.

1869-1870
Parution de Vingt mille lieues sous les mers. L’un des derniers actes du pouvoir impérial, qui va sombrer le 2 septembre 1870 dans la capitulation de Sedan, sera de conférer la Légion d’honneur à Jules Verne.

1871
Le 3 novembre, mort du père de Jules Verne, Pierre Verne.

1872
Jules s’installe définitivement à Amiens ; il peut ainsi profiter à loisir de sa chaloupe, le Saint-Michel, amarrée au Crotoy. À bien y regarder, c’est aussi une forme de rupture avec Nantes, sa ville natale.

1873
Parution en feuilleton du Tour du monde en quatre-vingt jours. Immense succès, en France et à l’étranger. Déjà couronnée l’année précédente par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, Verne peut se consi¬dérer comme un écrivain consacré. Peut-être, l’amitié d’Alexandre Dumas fils aidant, rêve-t-il d’un fauteuil et d’un habit vert d’Immortel ; mais pour les Quarante, il ne sera jamais qu’un amuseur à l’usage de la jeunesse.

1874
Parution du Chancellor, l’un des plus extrémistes et des plus surpre¬nants de ses romans : une véritable épure de géométrie catastrophique, inspirée de l’épisode du radeau de la Méduse d’une part, d’autre part des chapitres les plus atroces du roman d’Edgar Poe, les Aventures d’Arthur Gordon Pym. Mais Hetzel veille, et le manuscrit est abondamment censuré. De la même façon, L’Île mystérieuse, publiée de 1874 à 1875, se voit totale¬ment dénaturé dans ses significations et dans son dénouement par les soins du bien-pensant éditeur.

1877
Publication en feuilleton d’Hector Servadac, autre récit extrémiste : une merveilleuse fantaisie interplanétaire relevant de la plus pure science-fiction, doublée d’un insoutenable pamphlet militariste et antisémite. Et pourquoi Servadac est-il le palindrome de Cadavres ?
Après le Saint-Michel II, Verne achète le Saint-Michel III, yacht à vapeur de vingt-huit mètres de long, à bord duquel l’écrivain accomplira plusieurs croisières en Méditerranée et dans les mers du Nord. Quant au vrai Michel, il en va tout autrement : son père l’envoie en maison de redressement.

1878
De même que le général Aupick, beau-père de Baudelaire, avait cru judicieux d’envoyer le jeune homme en croisière autour du monde pour lui redresser le caractère, Verne, par décision judiciaire, fait embarquer son propre fils vers les Indes. C’est aussi l’année de parution du premier d’une longue série de « romans à jeunes gens » : Un Capitaine de quinze ans. Certains exégètes verniens, à l’affût du moindre signe d’homosexualité latente ou patente chez Verne, ont beaucoup glosé sur cette collection de masculines figures juvéniles qui envahit le monde des Voyages extraordinaires. Les mêmes ont aussi beaucoup fantas¬mé sur les relations suivies qu’aurait entretenues Verne avec le jeune Aristide Briand. Légende aussi tenace que celle de la fugue à bord de la Coralie, et dont les enquêtes minutieuses de chercheurs de la Société Jules Verne ont démontré la totale vacuité. Il n’en reste pas moins qu’après avoir été un fils quelque peu insoumis aux volontés de Pierre Verne, Jules se trouve à son tour confronté à la difficulté d’être père. Apparemment, il n’est pas en état de comprendre, et encore moins d’admettre, que le seul défaut de Michel soit de trop lui ressembler. Dès lors il est aisé, pour un lecteur de bonne foi, de suivre tout au long des années qui vont suivre, et jusqu’à l’apaisé Testament d’un excentrique, l’évolution régulière d’une figure qui, c’est un fait, a de plus en plus les traits de Jules Verne jeune… et de Michel.

1879
Verne a eu cinquante ans l’année précédente. Est-ce pour cette raison, s’ajoutant aux soucis et aux deuils intimes, que 1879 voit paraître un véritable diptyque thanatologique dans lequel, pour la première fois, la tonalité de l’univers vernien s’assombrit singulièrement ? Les si sous-estimées Tribulations d’un Chinois en Chine sont hantées par l’obsession de la mort et du suicide ; et l’admirable Cinq cents millions de la Begum, réécriture très engagée d’un brouillon d’André Laurie, met en scène un mégalomane haineux, inventeur acharné d’armes terrifiantes, sur fond de solitude, de soliloque et de solipsisme destructeur.

1880-1885
Les cinq premières années de la décennie 80 n’en correspondent pas moins à une véritable « période flamboyante ». Au théâtre, Voyage à tra¬vers l’impossible triomphe. Le Rayon vert, délicieux roman très féministe, rend un bel hommage à l’Écosse des aïeux maternels. C’est aussi la trilogie méditerranéenne Keraban-le-têtu, L’Archipel en feu, Mathias Sandorf ; c’est la superbe croisière en Méditerranée de 1884, jusqu’à Tanger, avec visite de l’Italie, et entrevue avec le pape Léon XIII, au Vatican. Mais c’est aussi en 1884 que paraît l’inquiétant Frritt-Flacc, tandis que Mathias Sandorf, « remake » avoué du Comte de Monte-Cristo, multiplie les zones d’ombre et de non-dits. La dédicace à Alexandre Dumas fils, pourtant, dit assez que Verne pense toujours à l’Académie française.

1886
Année terrible, où toute la vie de Verne bascule en quelques semaines. Avant de perdre sa mère Sophie en février 1887, l’écrivain doit affronter trois événements, d’inégale importance certes, mais survenant en cascade. Le 15 février, Verne doit se résoudre à vendre le très coûteux Saint-Michel III ; le 9 mars, alors qu’il rentre à son domicile du 2, rue Charles-Dubois, son neveu Gaston, qui l’attendait au portail, tire sur lui deux coups de revolver. Une balle pénètre dans le pied gauche, d’où elle ne pourra jamais être extraite. Verne est dès lors boiteux à vie. Le 17 mars, mort à Monaco de Pierre-Jules Hetzel. Verne, bien sûr, ne peut se rendre aux obsèques. Gaston Verne, déclaré irresponsable, sera interné ; les motivations de cette agression contre son oncle n’ont jamais pu être éclaircies.

1887
Série de conférences en Belgique et en Hollande, au cours desquelles Verne donne lecture des Aventures de la famille Raton. Conte de fées.

1888
Parution en feuilleton de Deux ans de vacances, autre variation sur le thème de la robinsonnade, après L’Île mystérieuse et L’École des Robinsons. C’est aussi la question du pouvoir et de la démocratie qui est mise en scène dans ce gros volume à la gloire de l’adolescence responsable, et ce l’année même où Verne se fait élire conseiller municipal à Amiens — au second tour, vu les difficultés créées par sa réputation d’orléaniste fidèle. Il sera réélu par trois fois sans difficultés. C’est un tournant dans la vie de l’écrivain, et comme une compensation à l’abandon de tout espoir d’entrer un jour à l’Académie française. Conseil municipal assidu et consciencieux, il s’intéresse à l’urbanisme, aux Beaux-Arts, au théâtre. Dès l’année suivante est inauguré le cirque muni¬cipal d’Amiens, édifié grâce à l’opiniâtreté de M. le conseiller municipal Jules Verne.

1889
Parution de Sans dessus dessous, le plus carnavalesque et le plus autoparodique de tous les romans verniens. Le plus libre, aussi : face à Louis-Jules Hetzel, le fils, l’écrivain ne se sent plus sous surveillance. Mais ce roman reste l’une des plus faibles ventes de la collection.

1892
Publication d’un chef-d’œuvre majeur : Le Château des Carpathes. Naissance de Jean, son troisième petit-fils, Michel s’étant considérablement assagi depuis son remariage en 1886. Ce Jean-Jules Verne, qui sera magistrat à Toulon, fera paraître en 1973 une fort intéressante et fort partiale biographie de son grand-père.

1893
Publication de Monsieur Ré-dièze et Mademoiselle Mi-bémol.

1895
L’Île à hélice, surprenant roman qui associe musique (les protagonistes sont les membres d’un quatuor à cordes français), utopie et fable politique. La santé de l’écrivain ne cesse de se détériorer. Outre les séquelles de la bles¬sure au pied, le diabète, puis la cataracte vont cumuler leurs effets invalidants. Et pourtant, l’écrivain ne cesse de travailler. À la lecture d’une fiche manus¬crite découverte récemment par M. Gondolo della Riva, et sur laquelle Verne a noté soigneusement les dates de composition de ses ouvrages entre 1892 et 1903, on est stupéfait de constater avec quelle énergie l’écrivain ne s’accorde jamais que quelques semaines de répit entre l’achèvement d’un roman et la mise en chantier du suivant.

1896
Face au drapeau. Sombre récit très cocardier, et qui témoigne de l’an¬goisse de l’époque devant la montée des périls et la course aux armements. Le chimiste Turpin, inventeur de la mélinite, se reconnaît (à juste raison !) dans le personnage du savant fou Thomas Roch, et intente un procès à l’écrivain. Défendu en justice par Raymond Poincaré en personne, Verne est relaxé.

1897
Encore un chef-d’œuvre : Le Sphinx des glaces, « suite » imaginée par Jules Verne aux Aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe ; projet caressé depuis 1864, et concrétisé en associant les données du récit de Poe et un épisode des Mille et une nuits. Le 27 août, mort de son frère Paul.

1899
Le Testament d’un excentrique : quand les cinquante États des États-Unis deviennent les soixante-trois cases du jeu de l’oie ; et quand Verne s’auto-édifie un tombeau rouge et or.

1900
Seconde Patrie. Titre symbolique, au seuil du XXe siècle. Là encore, il s’agit d’une suite. Retour à l’enfance et à ses rêveries, c’est à l’illustre Robinson suisse de Wyss que l’écrivain offre l’hommage d’un vieil homme.

1901
Le siècle nouveau est inauguré par un récit étonnant, antidarwinien et narquoisement anticlérical : Le Village aérien, dans lequel deux Français découvrent en plein cœur de l’Afrique le fameux « chaînon manquant »… et ce qui s’ensuit.

1904
Un Drame en Livonie (rédigé dix ans plus tôt). Beau et tragique récit d’erreur judiciaire et de complot politique sur fond d’oppression étrangère.

1905
Dernier roman publié du vivant de Jules Verne : L’Invasion de la mer. L’écrivain décède le 24 mars. Beaucoup de monde aux obsèques, sans un quelconque représentant ni du gouvernement français ni de l’Académie. Mais, depuis son yacht impérial, Guillaume II envoie un télégramme où il exprime son admiration et sa reconnaissance pour le disparu. Dans les semaines qui suivent, c’est aux fils de jouer : Michel Verne et Louis-Jules Hetzel entament d’âpres négociations quant au sort des textes restant à publier. C’est l’histoire, et l’aventure des œuvres posthumes qui commence.

Jean-Pierre PICOT

 


 

 

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