Repères biographiques
1878
15 avril : naissance à Bienne (canton de Berne) de Robert Otto
Walser, avant-dernier des huit enfants du relieur et commerçant
Adolf Walser et de sa femme Elisa, née Marti.
1884-1892
École primaire et progymnase à Bienne. Lent déclin
des affaires paternelles. Dépressions de la mère.
1892- 1895
Apprentissage auprès de la Banque cantonale bernoise à
Bienne. 22 octobre : mort de sa mère. Engouement pour le théâtre,
participation à une troupe d’amateurs. Rêve d’une
carrière d’acteur.
1895
Avril-août à Bâle. Loge chez des parents. Emploi
dans le secteur « expédition » d’une banque.
Dès septembre : Stuttgart. Loge avec son frère Karl dans
une auberge pour compagnons artisans, emploi chez un éditeur.
Déroute des espoirs de carrière dans le théâtre.
1896
Début octobre : retour à pied en Suisse. Appartement à
Zurich. Emploi comme aide-comptable dans une assurance.
1897
Zurich. Fréquents changements d’adresse. Enthousiasme pour
le socialisme. Premier poème conservé. Novembre : donne
son congé, court voyage à Berlin. Nombreux poèmes
durant l’hiver.
1898
Zurich. 8 mai : première publication de quelques poèmes
(anonymes) par Josef Viktor Widmann dans le Sonntagsblatt (Supplément)
du Bund (Berne). Rencontre Franz Blei. Nouveaux poèmes.
1899
Janvier-septembre à Thoune. Emplois divers. Mai-juin (probablement)
: rapide voyage à Munich. Dès octobre à Soleure,
employé auprès de la « Caisse de secours mutuel
». Dès le printemps : écrit quatre « dramolets
». 2 juin : première prose publiée, dans le Supplément
du Bund (« Greifensee »). Poèmes dans la Wiener Rundschau
et dans Die Insel.
1900
Soleure, Bienne, Zurich. À partir de fin novembre à Munich.
Poèmes et dramolet intitulé Le Poète dans Die Insel.
1901
À son retour, en janvier probablement, Zurich. En juillet, nouveau
voyage à Munich puis à Berlin en août, puis encore
Munich. Dès mi-octobre, Zurich. À Munich, fréquente
de nombreux écrivains et artistes, surtout dans le groupe de
Die Insel. Nouvelles publications dans cette revue.
1902
Janvier : voyage décevant à Berlin. Février-avril
: chez sa sœur Lisa à Täuffelen au bord du lac de Bienne,
puis à Zurich. « Les Rédactions de Fritz Kocher
», « Le Commis » et « Un peintre » dans
le Supplément du Bund ; autres publication dans Die Insel.
1903
Mars-juin : ouvrier à Winterthur, puis école de recrues
à Berne. Après un bref séjour à Zurich,
commis et factotum chez l’ingénieur-inventeur Dubler à
Wädenswil au bord du lac de Zurich.
1904
Zurich. Plusieurs changements de domicile. Emploi auprès de la
Banque cantonale. Cours de répétition. Préparation
du recueil Les Rédactions de Fritz Kocher, qui paraît en
décembre chez Insel (Leipzig) Publications isolées.
1905
Fin mars, départ pour Berlin. Loge chez son frère, le
peintre Karl Walser. Passe l’été en Suisse, puis
regagne Berlin. Fréquente une école de domestiques. Octobre-décembre
: domestique au château de Dambrau, en Haute-Silésie. Publications
isolées.
1906
Berlin. Écrit Die Geschwister Tanner (Les Enfants Tanner) et
un second roman, perdu. Le lecteur des éditions Bruno Cassirer
est le poète Christian Morgenstern.
1907
Berlin. Dès l’été, vit dans son propre appartement.
Emploi intermittent en tant que secrétaire de Paul Cassirer,
marchand d’art et directeur de la Sécession berlinoise.
Fait la connaissance de nombreux artistes, gens de lettres et de théâtre
berlinois, ainsi que de Walther Rathenau. Publication des Enfants Tanner.
Écrit le roman Der Gehülfe (Le Commis ou L’Homme à
tout faire). Nombreuses publications dans des revues.
1908
Berlin. Publication du Commis chez Bruno Cassirer et, à la fin
de l’année, d’une édition bibliophile de poèmes
(Gedichte) chez le même éditeur. Écrit le roman
Jakob von Gunten (L’Institut Benjamenta). Nombreuses publications
dans des revues et dans des « feuilletons » de quotidiens.
1909
Berlin. Publication de L’Institut Benjamenta. Nombre d’autres
publications en recul.
1910
Berlin. Walser, pour un temps, « garde » l’appartement
de son frère au Kurfürstendamm 29, puis déménage
dans un quartier extérieur. Peu de publications en revue. Vraisemblablement,
travail sur d’autres projets romanesques, qui échouent.
1911
Berlin. Vie retirée. Remplit des fonctions de secrétaire
auprès de sa logeuse. Peu de publications.
1912
Berlin. Travail plus soutenu pour de nouvelles revues. Recherche d’éditeur
pour des recueils de proses ; Geschichten (Histoires) et Aufsätze
(Petits essais) acceptés par Ernst Rowohlt / Kurt Wolff à
Leipzig.
1913
Mars : retour en Suisse. Vit tout d’abord auprès de sa
sœur Lisa à Bellelay dans le Jura bernois, puis s’installe
pour les sept années suivantes à Bienne, où il
loge dans une mansarde à l’hôtel de la Croix-Bleue.
Début de l’amitié avec Frieda Mermet. Les Petits
essais paraissent chez Kurt Wolff. Nombreuses publications dans des
revues.
1914
Bienne. 9 février : mort de son père. Après le
début des hostilités, plusieurs périodes de service
militaire. Au printemps, prépare un recueil intitulé Kleine
Dichtungen (Petits poèmes en prose), pour lequel il reçoit
le Prix de l’Association féminine pour l’encouragement
des poètes rhénans. Le recueil Histoires paraît
chez Kurt Wolff. À la fin de l’année, voyage à
Leipzig pour dédicacer la première édition des
Kleine Dichtungen, produite par l’Association féminine.
Nombreuses contributions dans des revues et feuilletons.
1915
Bienne. Début janvier : visite à son frère à
Berlin. Deux périodes de service militaire à la frontière.
Les Kleine Dichtungen paraissent chez Kurt Wolff. Nombreuses contributions
dans des revues et feuilletons.
1916
Bienne. 17 novembre : mort de son frère Ernst Walser à
l’asile de la Waldau près de Berne. Walser écrit
Der Spaziergang (La Promenade) pour les éditions Huber, à
Frauenfeld, et le petit recueil des Prosastücke (Proses) pour les
éditions Rascher à Zurich. Nombreuses publications, surtout
dans des journaux suisses.
1917
Bienne. À la fin de l’été, longue période
de service militaire. Le recueil des Prosastücke paraît chez
A. Francke, à Berne, tandis que le recueil Poetenleben (Vie de
poète) est publié chez Huber (Frauenfeld). Divers projets
de livres n’aboutissent pas. Nombreuses publications dans des
journaux suisses.
1918
Bienne. Quatre semaines de service militaire en début d’année.
Achève le manuscrit de Seeland, accepté par les éditions
Rascher. Un autre recueil prévu ne trouve pas d’éditeur.
Achèvement du roman Tobold, détruit par la suite. Publie
essentiellement dans la Neue Zürcher Zeitung.
1919
Bienne. 1er mai : suicide de son frère Hermann Walser, professeur
de géographie à Berne. Réédition des Poèmes
par Bruno Cassirer, Berlin. Préparation de plusieurs recueils
de proses brèves qui ne paraîtront pas. Nombreuses contributions
dans des journaux et revues. Précarité matérielle.
1920
Bienne. 8 novembre : soirée de lectures de textes de Walser à
Zurich, le poète y assiste mêlé au public. Seeland
paraît dans une édition bibliophile chez Rascher. Komödie
(dramolets de jeunesse) chez Bruno Cassirer à Berlin. Nombreuses
publications dans des revues et des journaux. Les honoraires envoyés
d’Allemagne se perdent souvent en route.
1921
Déménagement à Berne, emploi de deuxième
secrétaire des Archives cantonales bernoises (pour quelques semaines
seulement). Petit héritage de son frère Hermann. Eté-automne
: travaille sur le roman Theodor (seuls quelques fragments en subsistent).
Nombreuses publications.
1922
Berne : deux changements de domicile. En mars, lecture de Theodor à
Zurich. Séjour chez le peintre Ernst Morgenthaler. Héritage
d’un oncle bâlois. Malgré l’appui de l’Association
des écrivains suisses, à laquelle Walser a adhéré
et qui a accordé un prêt sur le roman, Theodor ne trouve
pas d’éditeur. Peu de publications.
1923
Berne. En juin, séjour à l’hôpital pour une
sciatique. En automne, voyage à pied jusqu’à Genève.
Très peu de publications.
1924
Berne. Trois changements de domicile. Walser fait tourner court des
démarches des éditions Grethlein de Leipzig qui souhaitent
le publier et quitte l’Association des écrivains. Préparation
du recueil Die Rose (La Rose), qui paraît à la fin de l’année
chez Rowohlt à Berlin et sera le dernier livre publié
de Walser. Les publications dans des journaux et revues augmentent à
nouveau. Nombreuses esquisses non publiées, dont des poèmes,
sous forme de « microgrammes » ; c’est sous cette
forme que nous sont parvenues la plupart des œuvres inédites
postérieures à 1924.
1925
Berne. Quatre changements de domicile. Avril-mai : esquisse des Felix-Szenen
(Félix) et du Räuber-Roman (Le Brigand), qui resteront à
l’état de manuscrit. Compilation d’un recueil de
proses non paru. Très nombreuses publications de proses et poèmes,
essentiellement dans des journaux (désormais, surtout dans Prager
Presse, Prager Tagblatt, et Berliner Tageblatt). Nombreux autres textes
inédits, restés sous forme de brouillons micrographiés
ou de copies.
1926
Berne. Quatre changements de domicile. En novembre, émission
de Radio-Zurich avec des proses et des poèmes de Walser. Écrit
le Tagebuch-Fragment (Fragment de Journal), son dernier long travail
en prose, resté sous forme manuscrite. Abondantes publications
(proses et poèmes), surtout dans des journaux. Nombreux manuscrits
ou esquisses inédits.
1927
Berne. Vaines tractations pour la publication d’un recueil de
proses ou de poèmes. Refus temporaire de contributions de la
part du Berliner Tageblatt. En général, diminution du
nombre de publications. Nombreux manuscrits et esquisses.
1928
Berne. 15 avril : le cinquantième anniversaire de Robert Walser
ne fait l’objet que de quelques mentions. Le nombre de publications
de ses travaux reste constant. Très nombreux manuscrits et esquisses
inédits.
1929
Dans la deuxième moitié de janvier, grave crise psychique,
à la suite de laquelle Walser, sur le conseil d’un psychiatre,
se fait admettre à l’asile de la Waldau. On y pose le diagnostic
de schizophrénie. Après une longue pause, reprise du travail
littéraire et de la correspondance avec des rédactions.
Peu de publications, davantage de travaux inédits remontant à
cette période.
1930
Asile de la Waldau. Walser se voit attribuer une chambre seul, mais
à sa demande, il est réinstallé dans une chambre
commune. Poursuite limitée du travail littéraire. Publications
peu nombreuses dans les journaux habituels, parallèlement à
une grande abondance de manuscrits et d’esquisses inédits.
1931
Asile de la Waldau. À la fin de l’année, chambre
à deux lits. Sorties occasionnelles à Berne (par ex. pour
aller au théâtre). Productivité croissante ; publications
en augmentation, nombreux travaux laissés dans les archives.
1932
Asile de la Waldau. Nouveau recul des publications dans les journaux,
moins de textes manuscrits.
1933
Tout d’abord, asile de la Waldau. Poursuite limitée du
travail littéraire et des démarches pour être publié.
Contrat pour une réédition des Enfants Tanner aux éditions
Rascher (Zurich). Mai-juin : dans le cadre d’une réorganisation
de l’institution, il est prévu de faire sortir les cas
légers de l’asile, ou de les placer chez des paysans. Walser
refuse. Ses frères et sœurs se déclarent hors d’état
de le prendre à leur charge. Le 19 juin, contre sa volonté,
il est transféré de force à Herisau, dans l’asile
psychiatrique de son canton d’origine (Appenzell-Rhodes Extérieures).
Interruption définitive de son travail littéraire. Ni
manuscrits, ni esquisses postérieurs à cette date n’ont
été retrouvés.
1934-1956
Herisau. Walser se retire dans une existence de patient exemplaire.
Juillet 1936 : première visite à Herisau de l’écrivain
et journaliste Carl Seelig (1894-1962), qui par la suite l’accompagne
dans de nombreuses excursions, lui consacre des essais, puis devient
son éditeur et finalement (1944) son tuteur. Le 28 septembre
1943 : mort de son frère Karl à Berne. Le 7 janvier 1944
: mort de sa sœur Lisa à Berne. Le 25 décembre 1956
: Robert Walser meurt d’une défaillance cardiaque à
l’âge 78 ans pendant une promenade solitaire dans la neige.
Jochen Greven
Traduit de l’allemand par Marion Graf